Les seuls combats perdus d'avance sont ceux que l'on refuse de mener !




Ni dieu Ni maître :::::: Ni dieu Ni maître :::::: Ni dieu Ni maître :::::: Ni dieu Ni maître :::::: Ni dieu Ni maître :::::: Ni dieu Ni maître :::::: Ni dieu Ni maître ::::::  

L'agenda du groupe

les samedi 15 et dimanche 16 novembre 2008, au centre Brenot. .


Le groupe vivre libre ! de la Fédération anarchiste tiendra le stand des Éditions du monde libertaire Salon de l'édition et des médias indépendants de Grigny (69)


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"Les efforts des hommes ont toujours tendu, à toutes les époques de l'histoire, dans tous les pays: à l'alliance, à la fraternité, à l'entr'aide, à la solidarité"

Pierre Besnard



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Sommaire du monde libertaire

Sommaire du Monde libertaire n° 1528 du 9 au 15 octobre 2008


C'est la crise !, par J.-P. Levaray, page 3

Entartrage syndical, par S. Forestier, page 5

Les Brèves tant attendues, page 6

Grenelle pour rire, par Alex, page 7

Pour une sérieuse écologie, par F. Bon, page 8

Les parents terribles, par D. du Gard, page 9

La guerre tue deux fois, transmis par R. Berthier, page 10

Un match sans saveur, par J. Langlois, page 11

Sous le foie gras, la trique, par Potkine, page 14

Interviou des anars brésiliens, page 15

La Révolution de Bilitis, par L. N., page 18

Les États-Unis fidèles à eux-mêmes, par H. Lenoir, page 19

À venir sur les murs, par S. Jacaré et D. Duporge, page 20

Le mouvement de la vie, page 21

La plus bath des radios, page 22

L'agenda, page 23





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Édito du ML

Édito du Monde libertaire n° 1528 du 9 au 15 octobre 2008

Vous souvenez-vous de Tchernobyl? Une catastrophe en Ukraine et des nuages radioactifs qui traversaient les frontières. Mais pas celles de la France!

Des " sommités " scientifiques l'avaient affirmé… Les déclarations actuelles de nos chers dirigeants et particulièrement de l'agité de l'Élysée sur la crise financière y ressemblent étrangement. Mais la crise peut perdurer, les profiteurs accumuler de grands profits, les victimes diverses (vous et moi inclus) paieront d'une façon ou d'une autre l'addition.

Cela se voit déjà au niveau du pouvoir d'achat qui est plus que plombé. Il paraîtrait qu'aux États-Unis les premières victimes se rebellent. Le Vieux Continent se sentirait-il à ce point protégé pour continuer à courir entre les gouttes en laissant ses " dirigeants " accumuler les déclarations mensongères?

Prenons le cas, en France, de Marseille. La moitié de la Société immobilière de la ville phocéenne a été acquise par la banque d'affaires américaine Lehman Brothers. Oui, celle qui a fait faillite et dont le cas (avec d'autres) peut faire dire aux médias français que "Wall Street est devenue socialiste "!

Les banques mettent la clef sous la porte et leurs dirigeants, renvoyés dans leur foyer, bénéficient de parachutes toujours dorés. Cherchez l'erreur!

Côté mouvement social, c'est pas la joie, quand vous lirez ce Monde libertaire on aura les résultats de la " première riposte syndicale mondiale à la crise ". Le 7 octobre à Paris, CGT, FO, CES (Confédération européenne syndicale), CSI (Confédération internationale syndicale) auront battu le pavé. Cela suffirat-il pour relever le moral des troupes?

Le seul point nouveau est le pas de deux esquissé par FO et la CGT. La CFDT bouderait-elle? De toute façon, la solution pour un monde meilleur ne viendra pas des directions syndicales, mais dans l'unité des militantes et militants de la base. Encore faut-il que des luttes voient le jour et celles-ci ne se décrètent pas dans les officines des boutiques politiques.

L'Agenda du Monde libertaire

Agenda du Monde libertaire n°1528 du 9 au 15 octobre 2008

Jeudi 9 octobre

Limoges (87)
20 h.30. Re-Belle si tu voulais, Paroles ouvrières, paroles rebelles de la Compagnie Jolie Môme. Au  cinéma Le Lido. Tel. 05 55 79 90 99. Net: memoireavif.info

Saint-Denis (93)
Dyonyversité. Cours de 19 h à 21 h. La société sous contrôle. Rencontre avec Armand Mattelart, auteur de La Globalisation de la surveillance.Comment la société de contrôle s'est progressivement installée dans l'espace et dans le temps. À la Bourse du travail de Saint-Denis. Métro Porte-de-Paris. Présentation des Amis d'Orwell, une émission de Radio libertaire (89.4Mhz)dionyversite.org

Vendredi 10 octobre


France Inter
20h10. L'émission "Nous autres" pour la troisième et dernière partie de l'interviou de Lucio Urtubia.

Lourmarin (84)
09 heures-18 heures: XXVes Rencontres méditerranéennes Albert Camus." Le don de la liberté : Albert Camus et les libertaires " Château de Lourmarin. Les débats seront retransmis en direct sur radio libertaire

Limoges (87)

20 h.30. Re-Belle si tu voulais, paroles ouvrières, paroles rebelles de la Compagnie Jolie Môme. Au cinéma Le Lido. Tel. 05 55 79 90 99, Net: memoireavif.info

Samedi 11 octobre


Laon. (02)
À l'initiative du groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste et du Collectif Anti OGM de Picardie, conférence débat, à 20h30, " Les OGM en question " avec Dominique Cellier, chercheur, spécialiste sur la question. À partir de 15h30 : Table de presse. Projection de documentaires. L'écrivain Jacques Bullot dédicacera son ouvrage Le gène du perceneige (Le polar qui flingue les OGM!) Maison des associations, rue du bourg (Ville haute) . Renseignements : 03 23 80 17 09.

Essômes-sur-Marne(02)
Dans le cadre de " Lire en fête ", la bibliothèque municipale (26, rue Roosevelt) présente: Le milieu libre de Vaux (1902-1907) et la colonie naturiste et végétalienne de Bascon (1911-1951). Deux expériences de vie communautaire anarchiste évoquées par Tony Legendre et Céline Beaudet,. Projection du film La Cécilla de Jean-Louis Comolli, retraçant une expérience de communauté agricole libertaire au Brésil de 1890 à 1894. Vous pourrez en outre déguster la fameuse salade végétalienne " La Basconnaise ", d'après la recette originelle.

Paris Ive
Au 18e Salon de la revue à l'Espace des Blancs-Manteaux, salle Noël Arnaud à 13h30 : Une mise en voix de textes de Stig Dagerman par le collectif Manifeste rien Stig Dagerman, la littérature et la conscience. Une proposition de la revue Marginales, site : marginales.free.fr et blog : lektiecriture.com/blogs/marginales.

Besançon (25)
À partir de 18 heures, le groupe Proudhon de la Fédération anarchiste tient à remercier toutes les personnes qui l'ont soutenu dans ce projet d'achat de la libraire L'Autodidacte et vous invite à une rencontre avec Rolland Hénault - grand prix " Ni dieu, ni maître ", en soutien à la librairie, Cette rencontre sera suivie d'un pot de l'amitié. C'est en quelque sorte notre crémaillère. Librairie L'Autodidacte - 5, rue Marulaz - 25000 Besançon. Tel : 03 81 82 14 94. lautodidacte.org

Bordeaux (33)
À 17 heures, conférence-débat : Syndicalisme révolutionnaire aux États-Unis, avec Larry Portis. Organisé par la Librairie du Muguet à L'Athénée libertaire au 7, rue du Muguet. Site : atheneelibertaire.net et courriel : librairiedumuguet(a)nolog.org

Lourmarin (84)
09 heures-18 heures: XXVes Rencontres méditerranéennes Albert Camus." Le don de la liberté : Albert Camus et les libertaires " Château de Lourmarin.

Limoges (87)
14h30 et 20h.30. Re-Belle si tu voulais, paroles ouvrières, paroles rebelles de la Compagnie Jolie Môme. Théâtre de l'Union CDN du Limousin. Tél. 05 55 79 90 99, Net: memoireavif.info

Dimanche 12 octobre


Paris Xie
Fête du livre dans la rue Amelot vers le 145 avec trois débats: Le créationnisme avec les deux auteurs du livre du même nom, Michel Ragon sera avec nous pour son monumental Dictionnaire de l'anarchie un livre de 700 pages qui sortira début octobre. Et un troisième débat qui traditionellement est organisé par les groupes de la Fédération anarchiste de la région parisienne.

Lundi 13 octobre


Paris Île-de-France
Chroniques libertaires de Michèle Rollin sur Télé Bocal/Canal IDF TNT à partir de 0 heures : un siècle d' engagement à travers le Libertaire puis le Monde libertaire.

Mardi 14 octobre


Paris Île-de-France
Chroniques libertaires de Michèle Rollin sur Télé Bocal/Canal IDF TNT à partir de 0 heures : un siècle d' engagement à travers le Libertaire puis le Monde libertaire.

Saint-Denis (93)
Dyonyversité. Cours de 19 h à 21h. À la Bourse du travail de Saint Denis. Métro Porte-de-Paris. Le commerce équitable en questions, avec Christian Jacquiau, économiste. dionyversite.org

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Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des fédérations anarchistes


Chaque jeudi dans vos kiosques, 24 pages d'actualités en couleurs vues par les anarchistes pour deux euros


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Anciens articles du Monde libertaire


Edito du ML

Éditorial du Monde libertaire n° 1527 du 2 au 8 octobre 2008

Les patrons américains de ceux qui ces dernières décennies se sont grassement enrichis sous la bulle spéculative qui se craquelle aujourd'hui, auraient, ces deux dernières années, engrangé des revenus supérieurs à cent milliards d'euros. Cela est révoltant. Mais bien moins que le système par lui même, qui a généré cette bulle et permet aux riches de s'enrichir de plus en plus, et aux pauvres de sombrer dans une misère toujours plus noire.

L'échec de leur modèle économique ne semble pas affecter plus que ça les salops qui nous gouvernent.

Pas question pour eux de changer de système, tout au plus sont-ils prêt à quelques ajustements, sans toutefois entamer la sacrosainte confiance du marché. Georges Bush fils pense pouvoir relancer la machine en y engouffrant quelques centaines de milliards de dollars, qu'il irait piquer dans les poches des contribuables.

Il affirme sans sourciller : " Ce n'est pas éthique, mais sans cela nous verrons un effondrement de l'économie, une hausse du chômage… "

Qu'est-ce qui est éthique dans cette économie de marché où règne la loi de la jungle, ou le plus fort opprime le plus faible; où seul le résultat compte, peu importent les moyens !

Quant au comte-président Nicolas, il nous joue son grand air d'opéra sur la moralisation de la spéculation financière. Papa Guaino lui souffle de tirer profit de la situation pour peaufiner son image de Sauveur qui gère au mieux la situation.

Lui et ses semblables ont laissé impunément gonfler la bulle à phynance qui se craquelle aujourd'hui.

Ils nous annoncent aussi au passage que nous allons devoir nous serrer la ceinture et que le chômage va " inévitablement " augmenter. On est encore loin d'arriver aux onze millions pour cent d'inflation par an zimbabwéen, mais nous sommes sur le bon chemin !

Pendant ce temps là, le Parlement nous donne une grande leçon de démocratie en votant à plus de trois cents voix contre deux cents le maintien de nos troupes de " pacification " en Afghanistan, bien que les Français étaient contre à plus de soixante pour cent. Cela fait plus de trente ans que différents pays, de la Russie aux États-Unis en passant par le Pakistan et ses talibans prétendent pacifier ce pays à coups de bombes sur les habitations, les écoles et les dispensaires. Maintenant la France va pouvoir tester ses nouveaux drones et tout un tas de matériel de renseignement. Nos dirigeants de l'armée se préparent-ils à un remake de la Bataille d'Alger à Kaboul ?

Les patrons, eux, profitent de la crise économique pour dégraisser leur personnel dans l'automobile
(Renault, General Motors) et ailleurs. Faudra-t-il que, comme en Inde, les ouvriers se jettent sur leur taulier et le déchiquettent, pour que les patrons se rendent enfin compte que leurs méthodes donnent envie à ceux qui les subissent de leur faire rendre gorge ?

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La morale sera-t-elle crottée en Bourse ?

Le Monde libertaire n° 1527 du 2 au 8 octobre 2008
Par Sami Chemin

Le rouleur de mécaniques hexagonal, au vu des propos qu'il a tenus lors de son intervention du 22septembre à la tribune de l'ONU, s'est mué en procureur planétaire.

Jugeons-en plutôt: " Qui est responsable de ce désastre? " […] " Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'État, assumions nos responsabilités.

" […] " Nous devons moraliser le capitalisme financier. "

Prenons au mot ce Père la morale et examinons la manière dont il a décliné la pureté de ses intentions dans le doux pays de la poule au pot tous les dimanches, à moins que ce ne soit plus sûrement celui… des dindons de la farce toute l'année?

Il a contribué à l'expansion ou au renforcement des empires industriels des nécessiteux suivants: Bolloré, Bouygues, B.Arnault, Lagardère, etc.; érigé un bouclier fiscal pour protéger des pauvres hères traqués par le fisc; distribué 15milliards d'euros bien enveloppés dans un paquet fiscal à des affamés qui s'accrochaient aux grilles de l'Élysée; baissé l'ISF et les droits de succession; exprimé sa volonté de dépénaliser le droit des affaires; couiné comme un rat… mais sans bouger le petit doigt (tétanisé, qu'il était, par l'indignation) devant les montants astronomiques des " parachutes dorés " versés à des patrons cruellement persécutés par les entreprises auxquelles ils ont sacrifié leur vie; fait une chasse sans pitié aux amateurs de paradis fiscaux, etc. Ayant accompli de telles prouesses pour le bien commun, on s'offusque que Ratzinger n'en fasse pas l'archange Michel des temps modernes terrassant le dragon de l'Argent. Mais bon, peut-être suffit-il de faire preuve d'un peu de patience, un peu comme Tapie qui s'est morfondu dans le caniveau avant de se voir attribuer une ration de survie de 390 millions d'euros, juste récompense de ses talents trop méconnus de dépeceur d'entreprises.

Certes on pourrait nous objecter que le preux défenseur de la veuve, de l'orphelin, du pouvoir d'achat et des talonnettes à ressorts a posé un peu rudement son gant sur les serfs et manants de son
royaume, pour peu que l'on évoque les mesures qu'il a prises pour remettre le vil peuple dans le droit chemin: grands coups d'épée dans le Code du travail et de dague dans les régimes des retraites ; épandage de poix bouillante sur les 35 heures; lâchers de chiens sur les sans-papiers; enfumage des grottes où se dissimulaient les chômeurs, etc. Mais que voulez-vous, on n'éradique pas la paresse, la luxure et l'oisiveté en jouant du luth et en distribuant généreusement des coupes pleines d'ambroisie n'est-ce pas? Enfin, puisque " notre " Père la morale a enfilé la cape de Zorro, rendons-lui complètement justice, et soulignons combien il fut vaillant pour faire le siège des sombres forteresses dans lesquelles sont tapies les créatures égoïstes, frileuses, pleurnichardes qui appartiennent aux viles baronnies des services publics.

C'est ici qu'un gamin interroge son père: " Dis papa, c'est loin l'Amérique?" Et son daron de lui répondre: "Tais-toi et rame." Nick aussi veut qu'on se taise, estimant que ne pas avoir de Bush est une raison majeure pour la boucler. Trop tard, notre galère vient d'accoster sur un rivage étasunien. Première vision qui s'offre à nous, des mecs qui plastronnaient il y a peu en jonglant avec les milliards soutirés dollar après dollar dans les poches des besogneux ont moins fait les farauds pendant quelques jours… le temps que la FED et le Trésor créent une " structure de défaisance " pour prendre en charge les centaines de milliards de créances pourries léguées par un géant des assurances (AIG), des sociétés de refinancement hypothécaires (Fannie Mae et Freddie Mac). De leur côté, les banques d'investissement essaient de convaincre la FED et le Trésor d'étendre leurs bontés à leur propre cas.Vers la mi-septembre, John Mac Cain hululait ceci: " Les fondamentaux de l'économie américaine sont sains ", parallèlement, en tout cas jusqu'au réveil brutal du leader minimo et sa métamorphose tapageuse en Père la morale universel, des affirmations analogues étaient tenues en France par les zélotes des " marchés autorégulés " capables de retrouver l'équilibre par eux-mêmes. Mais les faits sont têtus qui ont fait voler en éclat un autre mensonge des
fanatiques du libéralisme, celui qui soutient qu'il existe une séparation entre la sphère financière et la sphère réelle de nos économies.

Nos cerveaux risquant de continuer à se poser les bonnes questions, une reprise en main s'imposait. Et c'est ainsi qu'à Toulon, tout juste revenu de chez ses cousins d'Amérique, le chef d'État " que le monde entier nous envie " a dupliqué son discours onusien tout en l'adaptant à la situation spécifique du pays.

Retenons les trois éléments principaux de son homélie. Primo il appelle à " une refondation du capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la règle. " Si nous voulions faire chic, nous pourrions dire que ce visionnaire et/ou théoricien de pacotille veut réaliser la synthèse entre Keynes et Galbraith d'une part et Hayek et Friedmann de l'autre; en version image ça donne la chose suivante, les premiers voulant contrôler et réguler l'activité du renard dans le poulailler, les seconds plaidant sur un ton hystérique qu'il faut le laisser entièrement libre de ses agissements. Deusio, il a affirmé (que)
" la moralisation du capitalisme demeure la priorité ". Tercio, après ses exordes sur la morale et l'éthique, procédés rhétoriques utilisés pour témoigner de la noblesse et de la pureté de ses intentions, Moi-je a tombé le masque et réinvesti brutalement le terrain du quotidien. Cela peut être résumé de la manière suivante: nous vous en avons fait salement baver jusqu'à présent (via la mise en pratique du slogan " Nous voulons remettre la France au travail "), mais cela n'est pas fini, puisque, à l'avenir, nous continuerons à vous faire déguster (bien s'imprégner du " la poursuite des réformes est plus que jamais nécessaire ").

Tirons rapidement la conclusion de tout ce qui précède.

La désignation à la vindicte publique de quelques " irresponsables ", doublée du pointage d'une " insuffisance des réglementations " (au fait, qui a autorisé la libre circulation des capitaux?) pour expliquer les causes de la crise financière en cours (en attendant son inexorable propagation à toutes
les sphères de l'économie) est un rideau de fumée émis par les tenants et les servants du système capitaliste pour occulter le principal à nos yeux. En la matière, c'est bien un modèle de développement dans sa totalité, nous nommons ici le néo-libéralisme américain et ses avatars occidentaux qui est en crise. Le capitalisme a une telle soif inextinguible de profits que cela l'amène à trébucher cycliquement?

L'État accourt aussitôt ventre à terre pour renflouer ses caisses. Et c'est ainsi que le capitalisme se refait régulièrement une santé sur le dos des peuples. Jusqu'à quand cela durera-til?

La réponse est entre les seules mains de tous les exploités de la planète.

Sami Chemin

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Édito du ML

Éditorial du Monde libertaire n° 1526 du 25 septembre au 1er octobre 2008

Encore une sale semaine pour les Terriens. Le sacro-saint capitalisme étale ses nuisances et ses failles. Les marchés financiers sont " nerveux ".

En sabir néolibéral boursier, ça veut dire que la panique augmente à l'étranger et aux États-Unis.

D'après certaines informations, la Banque fédérale yankee - entendons le porte-monnaie des citoyens US - va allonger pas moins de 800 milliards de dollars pour racheter tout plein de titres pourris que personne ne veut plus. Le complexe d'assurances AIG est sauvé à ce prix, en clair il est nationalisé (eh oui) et on préserve 0,8 % de croâssance.

Gros à parier que la crise une fois passée - si elle doit passer -, les gribouilles s'empresseront de reprivatiser, selon le bon vieux plan qui a fait ses preuves : nationaliser les pertes, privatiser les bénéfices, et que les cocus défilent avec la techno !

Cheu nous, tout est bon pour calmer les petits boursicoteurs inquiets du côté " portefeuilles " : Radio Paris ose ressortir, tel un hareng de la saumure, l'inusable Peyrelevade - vous vous rappelez çui qu'a failli le Crédit Lyonnais et l'ensuivie dette faramineuse épongée par vous et moi. Qu'ose-t-il bêler dans le micro, l'incapable patenté? Un bon gros titata bien fumant : " Vous n'avez rien à craindre. " Sans doute, avec ses petites mains blanches d'exploiteur, la crise financière et la récession il va les arrêter net aux frontières - telles les nuées de Tchernobyl. Malgré l'incompétence et l'échec de l'économie de marché, la Voix de son maître, toujours elle, déroule le tapis rouge aux nouveaux riches et aux voyous qui s'engraissent du système sur le dos des gueux : Soros sans rougir avoue 32 % de gains dans ses placements, Tapie pleurniche et touche un jackpot de 45 millions d'euros, Georges Ghosn, royal, dégraisse 6000 renault pour maintenir les 15 % de profit annuel des actionnaires, et tout ça avec la morgue froide du winner qui lampe son caviar dans un pince-fesse à Matignon. Entre réassurances lénifiantes et annonces de fin du monde, qui croire ?

Est-ce la stratégie du choc chère à Naomi Klein ? Bon, on vous souhaite malgré tout une bonne semaine, surtout si vous ne fumez pas (+ 10 % sur les cigarettes), surtout si vous n'êtes pas sans emploi (le financement de la RSA est épargné aux électeurs friqués), surtout si vous ne cherchez pas un logement (augmentation exponentielle du nombre de SDF, dont un tiers a un emploi), surtout si vous n'êtes pas malade (le service public Hôpital limite ses dépenses pour maintenir les exonérations fiscales des entreprises), etc. Et si on songeait enfin à la rév…

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Un Dictionnaire de l'anarchie

Cliquez pour agrandir l'imagePar Michel Ragon

Le 2 octobre prochain sortira en librairie un Dictionnaire de l'anarchie é par Michel Ragon.

Trois cent soixante-dix entrées, certaines très longues (Proudhon, Bakounine, Kropotkine, etc.), certaines d'à peine quelques lignes, pour tenter de restituer la pensée libertaire volée par les médias. Il ne s'agit pas d'un dictionnaire des militants mais plutôt de la pensée anarchiste dans le monde contemporain (répercussions sur la pensée de Camus, Sartre, Breton et d'autres plus inattendus). Nous publions ici des extraits de son introduction.

Michel Ragon, Dictionnaire de l'anarchie, édité par Albin-Michel.

Sortie prévue le 2 octobre



Après la Seconde Guerre mondiale, l'internationalisation du marxisme semblait mettre l'anarchie dans les oubliettes de l'histoire.

Mais rien n'est jamais sûr. L'impensable faillite du communisme en URSS et dans les pays européens écrasés par le bolchevisme a fait resurgir la pensée libertaire.

Original par rapport aux théories socialistes ou libérales, anti-étatiste, dénonçant toute dictature, fût-elle prolétarienne, l'anarchisme a même suscité d'étonnants revirements d'idées chez des intellectuels aussi engagés avec le Parti communiste qu'André Breton et Jean-Paul Sartre " Pourquoi, déclarait André Breton au début des années 1950, pourquoi une fusion organique n'a-t-elle pu s'opérer à ce moment (lors de la naissance du surréalisme) entre éléments anarchistes proprement dits et éléments surréalistes? J'en suis encore, vingt-cinq ans après, à me le demander. "

Et Sartre, à la fin de sa vie, disant ne plus se reconnaître dans le marxisme: " J'aime bien rappeler les origines un peu anarchistes de ma pensée. J'ai toujours été en accord avec les anarchistes, qui sont les seuls à avoir conçu un homme complet, à constituer par l'action sociale, et dont le principal caractère est la liberté. "

On croit rêver.

D'aberration en aberration, l'anarchie est devenue une mode. Un flacon de parfum s'est même, voilà peu, baptisé Anarchiste. Guy Sorman, auteur de Révolution conservatrice américaine, prône un " conservatisme libertaire ". Emmanuel Le Roy Ladurie se dit " libéral-libertaire ", et Alain Touraine " socialo-libertaire ". En mars 1983, dans le littéraire, Jean-Jacques Brochier consacrait un long article à " Sollers anarchiste ", et, en avril, un non moins long article à " l'anarchiste cérébral " Georges Simenon.

La méthode est bien connue. Cajolons l'adversaire pour mieux l'étouffer.

L'anarchie a une longue histoire et, au ébut du XIXe siècle, William Godwin et Charles Fourier peuvent être considérés comme des précurseurs de l'anarchisme. Pourtant, le véritable théoricien de l'anarchie, c'est Proudhon. Proudhon se proclame anarchiste et élabore une doctrine qui demeurera à jamais concurrente de celle de son contemporain et ennemi Karl Marx.

Pourtant, à la mort de Proudhon, en 1865, il n'existait aucun mouvement anarchiste, ni en France ni ailleurs. Bien que les ouvriers parisiens qui firent la Commune de 1871 fussent, selon l'expression de Karl Marx, " infectés de proudhonisme ".

L'anarchie, comme mouvement politique, ne commence que vers 1880, et l'ancêtre, " le père de tous les anarchismes ", c'est Bakounine exclu en tant que tel par Marx de l'Internationale.

L'anarchie se situe en dehors des partis et les récuse tous. Bien que la politique ouvrière çaise, à la fin du XIXe siècle, ait été foncièrement anarchiste, débouchant sur l'anarchosyndicalisme.

La difficulté de cerner l'anarchisme, c'est justement qu'il n'est pas un parti, mais l'association, parfois tumultueuse, de nombreuses tendances.

Quoi de commun entre l'anarchisme individualiste, qui va de Stirner à Émile Armand, et le communisme libertaire de Kropotkine sinon une opposition totale à l'embrigadement étatique? Rien de commun entre le pacifisme intégral de Louis Lecoin et sa défense des objecteurs de conscience, et le nihilisme teinté de terrorisme. Rien de commun entre l'antipatriotisme, l'antimilitarisme, qui sont l'un des aspects les plus connus de l'anarchisme, et un patriote ukrainien anarchiste, valeureux guerrier, comme Makhno.

Rien de commun… Eh bien si, malgré des oppositions aussi vives, nous verrons que l'esprit libertaire se trouve aussi bien chez des hommes de guerre comme Makhno et Durruti, que chez des pacifistes comme Stirner ou Thoreau. Le mouvement anarchiste n'est pas un parti politique. Sa doctrine est floue, parfois contradictoire. Avec néanmoins des constantes.

Par exemple la négation de l'autorité, de toute autorité.

" Il y a plusieurs variétés d'anarchistes, écrit Sébastien Faure dans 'Encyclopédie anarchiste, mais tous ont un trait commun qui les sépare de toutes les autres variétés humaines. Ce point commun, c'est la négation du principe d'autorité dans l'organisation sociale et la haine de toutes les contraintes qui procèdent des institutions fondées sur ce principe. Ainsi, quiconque nie l'autorité et la combat est anarchiste."

Négation de l'autorité et révolte.

Dans sa "Lettre aux anarchistes" (12 décembre 1899), Fernand Pelloutier écrit :

" Nous sommes des révoltés de toutes les heures, des hommes vraiment sans dieu, ni maîtres, sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme moral ou matériel, individuel ou collectif, c'est-à-dire des lois ou
des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi même."

La révolte peut amener la violence, dont Sébastien Faure disait qu'elle était une " nécessité douloureuse ". Si la violence est aujourd'hui rejetée par les fédérations anarchistes (la violence des années 1970-1980 n'est plus le fait des anarchistes devenus non violents et pacifistes, mais de groupuscules marxistes-léninistes : bande à Baader en Allemagne, Brigades rouges en Italie, Action directe en France), l'histoire de l'anarchie comporte cependant une tradition de la violence.

Les courants libertaires sont aujourd'hui multiples et touchent le monde entier. Toujours importants en Italie, en Espagne et en France, nombreux en Amérique latine, c'est sans doute aux États-Unis que l'anarchisme connaît sa plus féconde activité théorique, par sa présence dans les universités (Murray Bookchin, Noam Chomsky) et dans le monde du spectacle (du Living Theater à John Cage).

L'anarchisme aux États-Unis demande une étude spécifique, ce que Ronald Creagh a d'ailleurs réalisé par sa thèse de doctorat en 1978.

L'anarchisme a resurgi en Grèce, en Turquie, en Yougoslavie et dans les pays scandinaves. Et, bien sûr, en Russie et en Ukraine, délivrés du joug bolchevique.

Dans sa préface au livre d'Alain Pessin, La Rêverie anarchiste (1982), Gilbert Durand met l'accent sur la nouvelle pratique sociologique qui se refuse à considérer l'anarchiste comme un marginal. " Le mouvement anarchiste, écrit-il, se situe dans ces phénomènes de marginalisation qui, selon nous - mais déjà selon Marx dans son analyse de la société de la première moitié du XIXe siècle -, sont le sel fécond de toute société. "

Dans les dernières décennies du XXe siècle, la sociologie et la philosophie universitaires se sont emparées de la pensée libertaire, même (et c'est souvent le cas pour les vedettes) lorsqu'elles ne citent pas leurs sources. Les études sur l'histoire et l'actualité de l'anarchie sont aujourd'hui nombreuses. Pessin, Manfredonia, Creagh, Onfray ont donné à la pensée libertaire de nouvelles perspectives, même si celles-ci effarouchent parfois le militantisme traditionnel.

Gaetano Manfredonia souligne que " la composition sociale des militants [est] de plus en plus issue des classes moyennes salariées " et que le mythe du Grand Soir " ne fait plus recette ". " Ne fait plus recette ", mais galvanise néanmoins encore les jeunes militants.

L'idée même d'une révolution sociale insurrectionnelle, poursuit Manfredonia, demeure plus un mythe qu'une éventualité évidente, quand cette perspective était ancrée au plus profond des espérances anarchistes au début du XXe siècle.

Car si la philosophie anarchiste n'a jamais été " ouvriériste ", si ses principaux théoriciens (à part Proudhon) n'étaient pas des hommes du peuple (Bakounine et Kropotkine aristocrates, Fénéon intellectuel bourgeois, Élisée Reclus savant géographe), la majorité des militants furent néanmoins et, pendant longtemps, des artisans : cordonniers, imprimeurs… Symboliquement, la couverture de la revue de Pouget, Père Peinard, célébrait un cordonnier à son établi.

En 1894, la police lyonnaise fichait cent cinquante-deux anarchistes. Parmi ceux-ci, 55 % étaient des artisans: trente-neuf cordonniers, seize tisserands, onze plâtriers, huit teinturiers. Les marxistes n'accusaient-ils pas les anarchistes d'être des produits de métiers en voie de disparition? Mais le travail de ces métiers artisanaux permettait la rêverie. On sait que les cordonniers, notamment, étaient de grands lecteurs.

L'industrialisation de la cordonnerie et du tissage a balayé cette culture ouvrière. L'échec de toutes les révolutions populaires a mis à mal le messianisme.

Les nouveaux penseurs de l'anarchie se livrent à une complète reformulation des théories.

Subsistent, subsisteront toujours le rejet de l'État, du pouvoir (de tous les pouvoirs) et la fringale de liberté (de toutes les libertés).

Mais que sont aujourd'hui les États nationaux dans le contexte du capitalisme mondial? Les anarchistes participent évidemment aux manifestations antimondialistes et écologistes. On les retrouve dans l'épopée du Larzac, dans les rassemblements contre les sites nucléaires, parmi les arracheurs de maïs transgénique.

Le situationnisme, les provos d'Amsterdam, Solidarnosc, autant de sursauts libertaires et revendiqués comme tels.

L'activité des militants anarchistes se retrouve aujourd'hui dans la critique des bureaucraties syndicales, dans la solidarité avec les objecteurs de conscience et les insoumis, dans les critiques de l'enfermement psychiatrique et de l'indigence carcérale, dans l'aide aux sans-papiers, aux sans-logis, aux SDF, aux expropriés.

On les retrouve encore parmi les théoriciens de la décroissance et les adversaires du matraquage de la publicité (les Déboulonneurs de pub).

On les retrouve toujours dans les luttes féministes.Toujours, puisque les anarchistes se sont démarqués des partis ouvriéristes en préconisant, ès le début du XXe siècle, des réformes fondamentales: moyens contraceptifs, droit à l'avortement, sexualité consciente, limitation des naissances, union libre.

Combien ont été condamnés à la prison pour propagande interdite, aujourd'hui normale?

Les anarchistes ont prôné, malgré la malédiction qui les poursuivait, ce qui est devenu le planning familial.

Enfin, Internet donne une puissance nouvelle à l'Internationale anarchiste puisqu'il permet un contact permanent, de pays à pays, de continent à continent. Les liens internationaux sont devenus plus faciles, plus immédiats et la propagande plus directe.

Le capitalisme dénoncé par Marx était absolument sordide. Mais il n'était qu'une préface malhabile à ce qui est devenu le capitalisme mondial d'aujourd'hui.

Face à celui-ci, que dire, que faire, sinon espérer ce que Jean Préposiet énonçait dans son excellente de l'anarchisme (1993):

" Sans l'aiguillon libertaire, le pouvoir ne douterait jamais de lui-même. L'anarchisme reste la mauvaise conscience de l'autorité. "

M. R.

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Édito du ML

Édito du Monde Libertaire n° 1525 du 18 au 24 septembre 2008
Un vieux dégoûtant, car songez que ce chafouin personnage - attifé comme un bousier géant - saisit la moindre occasion pour se faire baiser voluptueusement l'anneau, a regagné sa crotte principale après sa visite chez " la fille aînée de l'Église ", ouf, bon débarras ! Mais le premier des croisés a largement mis à profit cette occasion, complaisamment et abondamment relayé qu'il a été en cela par son chanoine à talonnettes, pour continuer à essayer de nous fourguer sa came. En la matière, ces duettistes au numéro bien rôdé ont poussé leurs pions en vue de préparer et faciliter un retour en force de l'Église (des pluriels ont été employés pour amuser la galerie) comme actrice de la vie institutionnelle et publique. Cette volonté exacerbée d'anesthésier nos cerveaux, sinon de les lobotomiser sous couvert de morale et d'éthique, vise un objectif majeur : la perpétuation ad vitam aeternam d'un monde dont l'horizon indépassable serait encore et toujours l'exploitation de l'homme par l'homme. Les tentatives sans cesse renouvelées des gardiens de l'ordre dominant pour coloniser notre imaginaire seraient d'une portée limitée, et en tout cas aux résultats aléatoires, si elles n'étaient accompagnées de dispositifs fiables pour s'assurer du contrôle politique et social des populations. A cet égard, depuis le Livret ouvrier mis en place par Napoléon en 1803 pour surveiller les déplacements et agissements des travailleurs, les domestiques au service des exploiteurs ont eu pour préoccupation constante d'imaginer, d'élaborer puis mettre en place de nouveaux outils leur permettant de nous observer sans être vus, un peu comme il est possible de le faire derrière une glace sans tain. Si la France est loin d'être en pointe dans tous les domaines de l'informatique, par contre, pour ce qui est de son zèle et de son acharnement à fliquer nos existences grâce à la mise en place de fichiers aux noms charmants (EDVIGE, CRISTINA, ELOI, ARDOISE, etc.) sa répugnante expertise en la matière est ébouriffante. Il y a des jours où on rêverait de se transformer en hackers de génie pour pouvoir pénétrer et dynamiter de l'intérieur ces saletés, n'est-ce pas ? Mais bon, hors ce type de réjouissante fiction à la réalisation hautement hypothétique, et pour peu que nous soyons nombreux à en prendre conscience, vastes sont les moyens à notre portée pour échapper à la " traçabilité " que l'on réserve aux animaux destinés à la traite ou, bien pire encore, à finir sur les étals des bouchers, ces deux catégories n'étant pas opposables d'ailleurs.

Edito du ML

Éditorial du Monde libertaire n° 1524 du 11 au 17 septembre 2008

Joseph Ratzinger, alias " le Pape ", chef du minuscule État du Vatican, est invité cette semaine par le président Nicolas. Un naïf pourrait se demander pourquoi le chef d'un État laïc invite ce malfaiteur de l'humanité, gourou d'une des plus redoutables sectes de la planète, à venir célébrer le cent-cinquantenaire des hallucinations de Bernadette Soubirous à Lourdes. Ce naïf ne tiendrait pas compte des relations privilégiées qu'entretient le comte-président de Nagy-Bocsa avec cette organisation criminelle.

Pendant des siècles, les représentants de " l'Église catholique, apostolique et romaine " ont terrorisé le monde en imposant leurs diktats par la force à travers l'Inquisition qui fit des millions de victimes. Il y a peu encore, ils soutenaient les dictatures les plus infâmes d'Amérique du Sud et bénissaient les tortionnaires. Nicolas Sarkozy a affirmé lors de son discours à Latran que jamais l'instituteur ne remplacera le curé. Heureusement, car ce n'est pas son rôle ! Il doit éveiller nos enfants, alors que le curé les plonge dans l'obscurantisme. Lors de l'hommage rendu par la République à ses soldats morts pour les trafiquants de drogues afghans, il a été vu en train de faire le signe cabalistique de reconnaissance des adeptes de cette coterie. Ce signe de croix symbolise d'ailleurs la rédemption par la douleur, qui est une des croyances principales des zélateurs de ce dogme.

Tant que nos dirigeants resteront prisonniers de ce carcan mental qu'est la religion, notre société ne pourra pas évoluer. Ils continueront à nous gouverner en prenant modèle sur cette maffia qui depuis plus de deux millénaires prétend nous dicter notre conduite. Leur éthique est calquée sur celle de ces salops qui pensent que seule une élite peut savoir ce qui est bon pour la multitude.

Il n'y a qu'à voir les lois que nos gouvernements nous imposent. C'est bien parce qu'ils croient aux vertus rédemptrices de la douleur qu'ils ne remboursent plus les médicaments dits de " confort " ou qu'ils ont créé des franchises médicales. Si tu es pauvre, c'est que tu es fautif et il faut donc que tu rachètes tes fautes en souffrant. Le Revenu de solidarité active, nom ronflant appelant à l'action, n'a de solidaire que le nom et fait plutôt appel à la charité des classes moyennes pour soulager les patrons qui ne peuvent se permettre de donner un vrai emploi à ceux qu'ils exploitent.

Gageons que bientôt celui-ci remplacera les Smics dont nos patrons veulent s'émanciper.

L'État-providence dont on nous rebat les oreilles répand en fait sa manne plus sur les entreprises
que sur les exclus de la société.

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Monsieur Tout Blanc, Prévert et Sarko

Dans les régimes à tendance totalitaire, l'ordre moral vient toujours à la rescousse de l'ordre public. À cet effet, la religion joue fréquemment un rôle primordial. Surtout lorsqu'il convient de calmer les esprits et de convaincre les récalcitrants de la nécessité de la soumission aux autorités.

Monsieur Tout Blanc, comme disait Léo Ferré, sera à Paris le 13 septembre et reçu à l'Élysée comme un monarque ou plutôt comme un chef d'État et un symbole religieux fort. Attention : si les Parisiens se hasardent à manifester contre la présence de Benoît XVI dans la capitale, les policiers les traiteront certainement comme ils l'ont fait, il y a quelques mois, lors du passage de la flamme olympique.

Le pape du sida

Nombreux sont les athées, les libres penseurs et plus généralement les anticagots qui n'ont pas oublié le discours prononcé à la Basilique Saint-Jean-du-Latran de Rome, en décembre 2007, lorsque Nicolas assénait; " Jamais l'instituteur ne pourra remplacer le prêtre ou le pasteur! " En quelques mots, le président d'une République qui avait été laïque, nous tranformait en obligés de la chrétienté.

Tout en se gardant bien de tresser des lauriers aux imams. Il y a quand même des limites…